Maurice à la Poule

Maurice à la Poule de Matthias Zschokke aux éditions Zoé

Maurice passe ses jours dans son bureau du quartier nord de Berlin, là où débarquent les habitants de l’Est, une zone déclarée «sensible». Il écrit à son ami et associé Hamid à Genève, le plus souvent il ne fait rien. De l’autre côté de la cloison, quelqu’un joue du violoncelle, cela l’apaise, mais il ne réussit pas à dénicher le musicien tant le dédale des immeubles est inextricable. Il fréquente souvent le Café Solitaire, la Papeterie de Carole, passe devant le Bar à Films de Jacqueline, des lieux dont les propriétaires changent souvent pour cause de faillite.

En voici un roman bien étrange. Avec pas grand chose, l’auteur nous balade l’air de rien dans une vie très morne, celle de Maurice. Il n’y a aucun rebondissements, aucune intrigue, rien de bien folichon. Et pourtant, on lit avidement ce roman d’une grande souplesse d’écriture. C’est simple et agréable, et comme Ogawa dans son genre, Zschokke nous parle des gens et de leur quotidien. Il nous parle de personnages sans gloire, sans intérêt presque, qui sont plutôt blasé et sans avenir, à l’image de Maurice. Ces vies défilent sous nos yeux attentifs et sans même s’en rendre compte nous sommes déjà presque arrivés à la fin du roman.

Agrémenté de lettres à son ami de toujours, Hamid, Maurice ne cesse de raconter son quotidien, de ces promenades dans la ville, au violoncelle qui anime ses journées et ses pensées. Cette douce musique ne quitte quasiment jamais son quotidien. Elle est là pour lui tenir compagnie quand il ne fait rien, c’est-à-dire souvent. Un léger mystère se créé alors. Maurice, homme reclus dans sa vie, quasiment ermite, n’aime pas vraiment la rencontre des gens. Il va se monter la tête autour de cette musique. Ça l’obsède, il veut savoir qui joue ainsi. C’est presque une intrigue de polar!

Beaucoup de sensibilité dans ce roman sans fausse note. Tout est juste et sobre. Les personnages sont tous très attachants et on se prend vite au jeu. Trop vite peut être, parce qu’à la vue de la couverture du livre, on n’a pas franchement envie d’ouvrir le livre. Pourtant elle est intrigante et le titre est bizarre. Dès que l’on ouvre le livre et que l’on découvre les premières pages, c’est foutu. Nous sommes pris par le flot des paroles tant du narrateur (qui nous parle, ce qui est très agréable) que de Maurice qui nous raconte sa vie simple et sans aléas.

Très belle lecture et auteur à découvrir un peu plus.

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Catégories :LECTURES, Littérature Allemande

8 réponses

  1. Encore un auteur suisse que je n’ai jamais lu… En plus je crois que ce livre a reçu le fémina étranger, non? Bref, le titre et la couverture ne me disait vraiment rien mais je vais réviser mon jugement après ton billet.

  2. Je me suis également arrêtée à la couverture et au titre du livre lorsque je l’ai croisé en librairie. Après avoir lu ta critique je pense qu’il est plus que nécessaire que je lui donne sa chance…
    Sinon j’espère que tu vas bien.

    • 🙂 va bien!
      ce livre est vraiment très bien, différent effectivement et la couverture ne le sert pas franchement mais il vaut carrément le détour!

  3. La couverture du bouquin est intrigante. Je le note dans ma LAL.

  4. Il est dans ma pile, acheté impulsivement sous conseil de mon libraire. Je vais essayer de le lire avant Berlin!!!

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