Knut Hamsun

Pan de Knut Hamsun

Knut Hamsun (1859- 1952) est l’un des plus célèbres auteurs norvégiens classiques. Adoré en tant qu’artiste mais beaucoup montré du doigt pour ses idéaux, il est un homme très controversé. Prix Nobel de littérature en 1920, il nous suffit de lire seulement quelques lignes de ces textes pour comprendre son incroyable talent de conteur.

J’ai découvert cet auteur grâce au fabuleux roman Faim (1890) qui m’a procuré un excellent moment de lecture. Son approche psychologique de l’âme humaine et son écriture sont justes et sans faille. Ce roman est devenu l’un des plus importants de la littérature du XXème siècle.

C’est en 1894 qu’est publié Pan. Totalement différent de son premier chef-d’œuvre, Pan raconte l’histoire d’un amour particulier entre un chasseur et une jeune femme. Tout se passe dans l’ombre d’une forêt et la nature est presque un personnage. J’y ai retrouvé avec plaisir cette écriture qui m’a tout de suite accroché, cette atmosphère quasi philosophique sur l’environnement et sur les sentiments humains. Les réflexions et les relations des personnages sont parfaitement romancées et décrites.

Thomas Glahn, lieutenant, se réfugie dans sa hutte au milieu des bois pour vivre de pêche et de chasse, uniquement accompagné de son chien Esope. Tout est tranquille et sa relation avec la nature est très intense. Tout est bousculé lorsqu’il fait la rencontre d’Edvarda, jeune fille androgyne, qui va se jouer de ses sentiments au point de lui faire perdre la tête. Perdu dans un amour impossible, fantasque et étrange, Thomas se voit attiré par une servante, Eva, qu’il va rendre esclave de son amour.

Vous l’aurez compris, les relations amoureuses plutôt complexes sont le cœur même de ce roman. Et je crois que c’est cela qui m’a déplu. Je n’aime pas les courbettes amoureuses, les oui puis non, les longues et interminables désillusions sentimentales. J’ai donc eu beaucoup de mal à rentrer dans l’histoire. Mais en dehors de ça, il y a quelque chose qui fait que je garde une trace intéressante de ce roman. Je mets ça sur le compte de l’ampleur de l’écriture. Elle est tout à fait exquise, pleine de folie et d’égarement. Le ton est juste et fluide. Malheureusement c’est l’histoire qui m’a totalement ennuyé. Rentré dans une histoire d’amour du XIXème siècle, avec autant de lyrisme n’est pas toujours aisé. Nous sommes totalement immergés dans l’univers du romantisme avec ses bons et mauvais cotés: les sentiments exacerbés, les interminables va et viens des couples, les fins tragiques….

Ceci dit, ce roman reste très bon. Je comprend l’engouement de l’époque parce que Pan est impeccablement imprégné des valeurs et des moeurs du XIXème siècle.

Dans la foulée, un second roman traitant du même thème de l’amour fantasmé mais inassouvi: Victoria.

Réédité ce mois-ci par les éditions Gaïa, Victoria est publié en 1898.

Elle est la fille du châtelain ; il est le fils du meunier. Ils s’aiment et tout les sépare, leur famille comme leur statut social. Dans une Norvège petite-bourgeoise et piétiste, deux êtres s’aiment et se déchirent sous le joug de leur indomptable orgueil.

Encore une histoire où l’amour et le romanesque sont à l’honneur. Trop d’amour et de bons sentiments tuent l’amour véritable. Ici, l’histoire d’amour entre Johannes, fils de meunier, et Victoria, fille de châtelain, est incontestablement impossible. Leur milieu social est à l’opposé et les mœurs de l’époque voient d’un mauvais œil une relation pareille. Le jeune Johannes est rejeté par cette jeune fille hautaine qui ne se rend compte de rien. En évoluant cote à cote puis éloignés l’un de l’autre, ils vont se rendre compte de cet amour sans suite.

En plus d’être un hommage à l’amour en sens unique, Victoria est aussi l’histoire d’un entêtement insensé. Vouloir trop se mériter leur sera fatal. Comme dans La Faim, nous retrouvons ce thème de l’orgueil qui n’aura de cesse de tourmenter les héros et de les désarmer.

Étrangement l’écriture est plus simple et légèrement moins lyrique dans ce texte. Du coup, Victoria apparait comme une œuvre plus accessible pour tous ceux qui souhaitent découvrir Hamsun. Je ne suis pas certaine que ce soit un roman très représentatif de son œuvre mais cela reste une bonne approche littéraire pour se familiariser avec son lyrisme si particulier.

J’ai moyennement aimé cette histoire pour les mêmes raisons citées précédemment mais encore une fois, Hamsun est un auteur hors pair et passionnant. Mis à part sa sympathie pour le nazisme à une période de sa vie, Knut Hamsun est considéré comme l’un des fondateurs du roman moderne.

Deux petites citations qui expliquent sa ligne de conduite et sa philosophie littéraire:

Je suis un réaliste au plus haut sens du terme, c’est-à-dire que je montre les profondeurs de l’âme humaine.

Ce qui m’intéresse, c’est l’infinie variété des mouvements de ma petite âme, l’étrange originalité de ma vie mentale.

Particulier, étrange, novateur, lyrique, sombre, cru et sans pareil, Knut Hamsun fait parti de mon panthéon littéraire.

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Catégories :L. Norvégienne, LECTURES

8 réponses

  1. Comme toi, j’ai trouvé « Pan » un ton en dessous du fabuleux « La Faim » qui est vraiment une pure merveille littéraire. Ceci étant dit, « Pan » est quand même hautement recommandable et, personnellement, je l’ai beaucoup aimé (lu deux fois).
    Je dois avouer que je ne connais pas le troisième livre de ton billet. Il va falloir que je remédie à cette inacceptable lacune.

    • Victoria est une réédition et c’est une idée géniale de la part des éditions Gaïa de remettre au jour cet auteur. Ils ont également publié sa biographie dernièrement. Malgré mon avis mitigé sur « Pan », je confirme que c’est un texte hautement recommandable. Hamsun est vraiment un auteur fascinant!

  2. Je suis plus tentée par le 2e…

  3. Je n’ai encore jamais lu cet auteur mais je lis toujours avidement les billets qui fleurissent sur les blogs le concernant, j’y viendrais certainement un jour ou l’autre 🙂

  4. Sérieusement, je vais étaler sans honte mon manque de culture… je ne connaissais absolument pas. Bien entendu, je note, maintenant! Je ne sais pas trop quel thème me tente le plus, toutefois… tu me conseillerais vraiment « la faim »??

    • La Faim est vraiment un livre à lire parce qu’il touche tout le monde. Que l’on aime ou non, il te marquera sans aucun doute. C’est aussi son livre le plus abouti selon moi, il tend presque vers la philosophie. Donc oui, je te conseille de lire La Faim!

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