On n’a pas toujours du caviar

On n’a pas toujours du caviar de Johannes Mario Simmel chez Pavillon poche

Publié en 1966, ce roman, qu’on a pu qualifier d’hybride de James Bond et d’Arsène Lupin, est construit sur un flash-back qui permet de suivre les péripéties du héros de l’histoire, Thomas Lieven, entre 1939 et 1957, période durant laquelle ce jeune banquier de Londres n’accumulera pas moins de seize passeports de neuf nationalités différentes. Très riche lorsque la Seconde Guerre mondiale commence, Lieven est un fin gourmet, un excellent cuisinier (on appréciera les recettes intégrées au récit) et un grand amateur de femmes. Ces particularités conjuguées l’aideront à se sortir des mauvais pas qui l’attendent au cours d’une époque pour le moins troublée où il verra tous les services secrets – allemands, anglais, français – l’approcher successivement. À chacun, Lieven proposera ses talents, toujours aux mêmes conditions : ni meurtre, ni kidnapping, ni torture. Il aide et trahit les uns, se fait arrêter ou libérer par les autres, fait chanter les uns et les autres, et les mène tous par le bout du nez. Au cours de ses aventures, il croisera bien entendu le chemin de nombreux personnages hauts en couleur et parfois bien réels comme Joséphine Baker et le futur commandant Cousteau. On l’aura compris, on ne résume pas ce livre, on le savoure, on le déguste et, au bout du compte, on en redemande.

Voici une quatrième de couverture qui m’a tout de suite interpellée, c’est pourquoi je suis obligée de la noter. Elle est parfaitement représentative du roman. Pourtant, je n’aime ni James Bond ni Arsène Lupin. Le résultat est malgré tout là: j’ai adoré!

C’est simple, Thomas Lieven en voit de toutes les couleurs, passe par tous les chemins, bons ou mauvais, rencontre tout le monde, trahis certains, se sert des autres, débauchent les uns et se fait facilement avoir par de drôles de zèbres! Sa touche personnelle qui le rend irrésistible tant au yeux des femmes que de ces messieurs: la cuisine. Ces recettes et son adresse le rendent terriblement dangereux, à sa manière bien entendu. Tout le long du roman, les repas sont décrits, la recette est détaillée et l’enjeu de cette pause culinaire est notée. C’est grâce à tel repas que Thomas a obtenu ça. Une touche originale, bien pensée et très bien placée.

Savoureux et drôle, ce roman qui ressemble de loin à un polar mêlant l’aventure et les courses poursuites, ne laisse pas indifférent. Le format peut dérouter, 700 pages ce n’est pas rien. Et pourtant, les apparences sont terriblement trompeuses ici, puisque le rythme haletant et parfois calme, nous réserve de sympathiques surprises. Des quiproquos, une histoire à dormir debout, des personnages très motivés et bien présentés, un héros qui se fout du monde et des gens mais profite pas mal des situations, tout ça dans un seul roman, je dis chapeau. Les pages se tournent à une vitesse que l’on n’aurait pas imaginé. C’est plaisant, distrayant et parfois, quand même je dois l’avouer, totalement aberrant, limite réel, mais génial!

Pour moi, c’est mieux qu’un James Bond parce que le coté « j’me la pète les mecs, c’est moi que v’là » est carrément moins prononcé et amené avec beaucoup d’humour et de subtilité. L’auteur nous rend complice de Thomas Lieven, il nous parle et nous explique le pourquoi du comment, exactement comme des apartés dans un film, lorsque l’image se fige dans un moment très intense et que l’on voit apparaitre dans un coin le narrateur pour nous expliquer telle ou telle chose. Bizarrement, je dirais que ce roman est très visuel, tout à fait adaptable à l’écran.

700 pages qui se délectent, se savourent, se boivent, et avec tout ça, on n’a pas vu le temps passer!

Mais rappeler vous bien: On n’a pas toujours du caviar!! A méditer!!!

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Catégories :L. Autrichienne, LECTURES

3 réponses

  1. je suis ravie que tu aies aimé !!!

  2. i have been reading this book along thime ago but it still a pleasure to reamind it it seem that anew film stomac loock like it

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