Les Petits Soldats

Les Petits Soldats de Yannick Haenel chez Petite Vermillon

Autant le dire tout de suite: j’adore Yannick Haenel. C’est l’un de mes auteurs contemporains français favoris. Son écriture est parfaite: lyrique, recherchée, intelligente, sans accroc, légère et pointue…Je pourrais en faire des caisses, à juste titre.

Depuis Cercle, premier roman lu de cet auteur, je ne cesse de proclamer son talent.

Son engouement pour les mots tend souvent vers la philosophie. Ces thèmes sont en général empreints de psychologie. Il entre avec subtilité et en profondeur dans les méandres de l’âme humaine.

Bref, j’adore.

Alors quand j’ai dégoté son premier roman, j’étais très enthousiaste.

Malheureusement, ma déception est très grande. En même temps, comme premier roman c’est pas mal. On sent déjà son goût prononcé pour les mots justes et une écriture qui s’annonce envolée. Mais c’est juste le début et une amorce du futur laisse vite sur sa faim.

L’histoire: Jean Dorseuil, quinze ans, est envoyé dans un pensionnat militaire: le Prytanée de La Flèche. Il se fait des potes, Rival, Tanguy et Frémiot et découvre la vie à la dure dans cet univers masculin: la grossièreté, les rapports de force et la violence, les règlements. Petit à petit, il va tendre vers son moi intérieur à l’aide de la littérature.

« Ce livre raconte la naissance d’une désertion. »

Dès le début, l’écriture comme l’histoire sont rudes et bourrées d’accrocs. La lecture en devient complexe et j’ai perdu le fil de l’histoire même si elle n’est pas bien compliquée. Les déviances personnelles et sensorielles du narrateur sont lourdes au final. On en voit pas le bout. A la longue, j’ai trouvé que c’était trop. Rien n’est en finesse, tout y est brute et sans tact. J’ai presque fini par penser que le narrateur était vraiment un extra terrestre.

Dommage mais il faut reconnaitre que les autres textes de Haenel sont de toute beauté. Je suis complètement passée à coté de son premier roman du coup. Mais j’attends toujours avec impatience la sortie d’un nouveau roman.

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Catégories :LECTURES, Littérature Française

10 réponses

  1. Je ne connais pas cet auteur, jamais lu, juste beaucoup entendu parler de son dernier livre. Je ne retiendrai donc de ton billet que l’enthousiasme des premières lignes.

  2. Je dois dire que je ne connais pas du tout. Par quel livre devrait-on découvrir cet écrivain à ton avis ?

  3.  » Les petits soldats  » est sorti en 1996, le style de l’auteur était forcément moins élaboré.
    Vous avez dû adorer « Jan Karski ?

  4. L’attention bienveillante et émerveillée que vous accordez à juste titre à Yannick Haenel m’entraîne à signaler qu’il a lui-même, sans le renier, qualifié ce premier roman d' »ombilical »; manière polie de dire nombriliste. Toute sa production postérieure, à commencer par Introduction à la mort française et Evoluer parmi les avalanches s’est extraite de ces travers, pour maintenant atteindre l’extraordinaire niveau d’intelligence sensible qui est le sien. Et ça n’est pas près de finir.
    Bien amicalement,
    Stéphane Marie

    • C’est noté! Je l’ai rencontré suite à ma lecture de Cercle et je trouve le personnage particulièrement interressant. J’ai hâte de lire un nouveau texte!

  5. Je viens de terminer ce livre, ce premier roman et, même s’il est écrit différemment de Cercle, je l’ai trouvé génial… Après tout, il me semble que même Cercle est un récit « biographique » ou fortement basé sur ce qu’il a vécu. Bref. Ce premier roman laisse apercevoir des envolées littéraires, surtout page 120 et suivante, qui foisonneront dans Cercle. Mais ce qui est magnifique dans Les petits soldats, c’est qu’il s’agit d’une naissance, d’une désertion: du commencement. Je suis ravi de lire que l’auteur était, finalement, comme tout un chacun. Que sa liberté, il a dû batailler pour l’avoir sans tomber dans les travers de la normalité, révolte y comprise. Je l’ai lu en quelques heures, avec peut-être une pointe d’ennui ou de lassitude à la fin, comme le narrateur finalement.
    Mais il y a une chose qui me saute aux yeux c’est que, même si l’auteur dit que ce roman est « nombriliste », le nom du narrateur n’apparaît que très très rarement. Il est déjà sur ce sujet de désubjectivation, du SANS TEMOIN dont il parle dans sa préface.

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