13 cents

13 Cents de Sello Duiker chez Yago

Cape Town.

Il fait lourd et nous suivons avidement les tribulations d’un gamin des rues nommé Azure. A 13 ans, il connait tout juste la vie. Ces yeux innocents, bleu comme le ciel ou la mer profonde, le trahissent partout où il passe. Il est noir au yeux bleu, de quoi faire naître de terribles jalousies.

Pour survivre, Azure doit faire le pire: prostitution, drogue et deal avec des gangs extrêmement violents. Mais peut-on dire que ceci n’est que son quotidien et qu’il s’en sort plutôt pas mal ?

C’est ainsi que le lecteur, incrédule que nous sommes, lit de ces yeux ébahis une vie parfaitement insolente et dangereuse pour un jeune garçon devenu la proie des pires malfrats et des pédophiles. Azure va et vient sans cesse et ne découvre que le coté mauvais de l’homme. Il vit de coups tordus et de débrouilles. Jusqu’au jour où tout bascule, c’est Table Mountain qui l’adopte et ainsi une virée hallucinée dans les entrailles de son âme.

Déroutant et violent, certes, mais bien plus que ces deux qualificatifs, 13 Cents est d’une beauté cruelle imparable. Le texte est brut, dur, dérangeant et pourtant empreint de tellement d’émotion qu’il est loin de laisser indifférent. Camouflé derrière un langage naïf et simple, le narrateur, avec son jeune âge, nous raconte comment survivre quand on est seul dans un monde où les inégalités et la ségrégation quelles qu’elles soient sont maitresses. Comment passer inaperçu, se fondre dans la masse quand on est noir, les yeux bleu à s’y perdre et que l’on s’appelle Azure.

Aussi violent que poétique, ce texte original, premier roman d’un auteur considéré comme le pionnier de la nouvelle génération d’écrivains sud-africain, est très vite récompensé par la critique. Mais le destin de Sello Duiker est tout autre. Son suicide en 2005 marquera la scène littéraire sud-africaine.

Pour moi, une découverte très forte, une bombe littéraire.

13 Cents oscille entre la grâce enfantine et la violence pure.


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Catégories :L. Sud-Africaine, LECTURES

11 réponses

  1. D’après ce que j’ai lu ici ou là, c’était en effet l’étoile montante de la littérature noire sud-africaine. Il n’a eu le temps que d’écrire deux romans (+ un posthume), mais tous deux extrêmement forts.

  2. Je ne connaissais pas du tout mais je note.

  3. Je ne connaissais pas du tout non plus mais ce que tu en dis donne envie de s’y plonger, malgré la violence qui semble se cacher dans ce récit.

  4. tu donnes envie…
    (ok, j’avais en réserve une facile : 13 cents… c’est moins cher que 50cents)(ok, je sors !)

  5. J’aimerais effectivement découvrir la littérature sud-africaine. Mais l’atmosphère très violente de ce livre me fait un peu peur…

    • Certes, je comprend ton point de vue mais l’écriture est tellement belle et puissante et cette violence n’est pas gratuite, elle rend compte d’un mode de vie et d’un milieu qui ne connait que ça.

Rétroliens

  1. Sur les tables des (bonnes) librairies (6) » opoto

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