Les Vrais Durs ne dansent pas

Les Vrais Durs ne dansent pas de Norman Mailer chez Pavillons poche

Après avoir lu Le Chant du Bourreau, véritable bombe littéraire, je me suis attelée à lire ce roman noir déjanté. Et je ne suis pas déçue, loin de là!

À Provincetown, dans la trompeuse quiétude de la morte-saison, Tim Madden, écrivain raté et amateur de femmes, la sienne venant de le quitter, noie son ennui dans le bourbon.
Un matin de plus, il se réveille avec une formidable gueule de bois. À son grand étonnement, il découvre un curieux tatouage sur son bras, du sang dans sa voiture et, dans sa réserve de cannabis, la tête proprement coupée d’une belle blonde platinée. Tim est-il pour autant un assassin ? Impatient de connaître la réponse, il se lance dans une enquête personnelle qui lui donnera l’occasion de rencontrer des personnages hauts en couleur : des ex-boxeurs, des repris de justice, une ancienne maîtresse et, surtout, son père, Big Mac, qui reste l’une des créations les plus mémorables de Norman Mailer.

Voila, tout est dit!

Norman Mailer nous livre un roman d’une qualité exceptionnelle. Certes, il faut quand même lire un bon tiers du roman avant de ne plus pouvoir le lacher. Mailer prend le temps de bien camper ses personnages et son intrigue mais il aurait pu abréger certaines tergiversions de la part de Tim, notre héros, ou plutôt devrais-je dire, notre anti-héros. Il a en effet toute les qualités requises pour ce rôle ingrat mais tellement séducteur. Mais je vous laisse le décourvir pendant votre lecture. Au delà de ces quelques pages, intéressantes pour autant, il est impossible de se résigner à laisser tomber ce bouquin.

Le crime, clé de cette intrigue sordide et labyrinthique, n’est qu’un prétexte pour nous livrer des personnages caricaturaux et paumés à souhait. Le monde est absurde et rempli de malfaçon, et c’est dans ce milieu dépourvu de toute sensiblerie que Mailer fait virevolter ses mecs sans coeur et ses femmes machiavéliques. Les stéréotypes des années 50 sont de retour: mines patibulaires et femmes fatales, cadavres là où on les attend le moins et humour grinçant.

Ce qu’il y a d’original et de truculent ici, c’est sûrement le rapport de force de tous les personnages. Personne n’est parfait, loin de là. La police est aussi malveillante et dangereuse que ne le sont les potes de Tim. Les femmes sont toutes autant fatales, bêtes de sexe que mauvaises et perverses. Bref, nous ne découvrons que du beau monde.

L’intrigue se tient du début à la fin. Et comme dans tout très bon roman noir, ça va crescendo. N’est ce pas ce que l’on demande à un roman de nous emballer toujours plus à mesure de notre lecture ? Mailer réussit sans problème alors. Ecrit en 1984, Les Vrais Durs ne dansent pas dépeint également une Amérique sombre et sans artifices. Celle que l’on rencontre aussi chez les grands noms de la littérature américaine tel qu’Hemingway  ou Dos Passos. Tel un peintre réaliste, Mailer nous figure une société contemporaine en crise et dont les valeurs sombrent dans la névrose et la paranoïa.

Les Vrais Durs ne dansent pas est un roman noir excellent malgré qu’il faille se farcir les 100 premières pages environ. Mais vu la qualité du roman, on est loin de regretter d’avoir persévéré. Norman Mailer est décidément un auteur américain excellent qui possède une accroche incroyable sauf pour Un Chateau en Forêt ( ici ). Mais si vous deviez lire un unique roman de Mailer, c’est sans aucun doute Le Chant du Bourreau, un pavé toujours chez Pavillons poche mais d’une qualité littéraire et d’un intérêt digne des plus grands et ce rapprochant de De Sang Froid de Capote. Avis aux amateurs!

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Catégories :L. Américaine, LECTURES

6 réponses

  1. Je n’ai jamais lu cet auteur car j’ai peur de trouver ses livres trop compliqués pour moi !!!

    • C’est vrai qu’il peu paraitre énorme comme auteur avec ces bouquins très pointus mais en lisant certains de ces titres, tu te rendras vite compte qu’il est tout à fait accessible!

  2. J’ai très envie de lire Norman Mailer. En fait, j’ai envie de lire « Le chant du bourreau » mais c’est son poids qui me fait le repousser sans cesse… je devrais peut-être commencer par celui-là…

    • Celui-ci est très bien mais le meilleur reste Le Chant du bourreau. Il est énorme, certes, mais il se lit d’une traite!

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