L’Île des Comdamnés

L’ïle des Condamnés de Stig Dagerman chez Agone

Certains lecteurs commencent a bien connaitre Stig Dagerman. Récemment j’ai lu ce texte magnifique Notre Besoin de comsolation est impossible à rassasier.

Dernièrement, j’ai lu avec avidité L’Île des Condamnés.

Roman sombre et cruel sur la survie d’un groupe d’êtres humains échoués sur une île inconnue.

L’Île des condamnés est le second roman de Dagerman. Ecrit en 1946, juste après la guerre, il semble être une sorte d’échappatoire aux évènements historiques récents. En effet, ce roman n’est autre que l’illusion de la création d’une nouvelle société sur un lieu inconnu et donc neutre. Tous les personnages présents sont naufragés et tous vont vivre la pire expérience de leur vie.

Avant tout, mais je  crois que vous l’aurez compris, il s’agt d’un roman dure et terrible sur la nature même de l’humain. J’aime ce genre de thème parce qu’il est très intéressant de plonger dans les entrailles de l’âme et de voir en reportage comme dans une histoire romancée comment un homme réagit lorsqu’il est retranché dans ces baraquements. En bien ou en mal, je trouve ce thème inépuisable et lorsque c’est réellement bien écrit, ça fait réfléchir.

Ici, Dagerman va traiter la peur des hommes au sens le plus pur: la peur de mourir, de souffrir, de la solitude et des autres. Cette peur constante de vivre ou de mourir et la culpabilité vont aller crescendo dans cette histoire incroyable. La petite dizaine de personnages sont tour à tour décrit et des flash back permettent de relater leurs passés mais surtout la raison pour laquelle ils ont atterrit sur cette île désolée.

L’essence même de la nature humaine est ainsi mis en avant d’une manière très sombre. Attendre la déchéance d’une premier naufragé pour se sentir vivant, se rapprocher sexuellement de ces camarades en prévision des derniers instants de vie, perdre la tête et déverser la seule source de vie encore possible, l’eau, dans le sable au cas où quelqu’un boirait tout. Bref, LÎle des condamnés est un roman majeure dans ce genre de thème. Essentiellement basé sur la psychologie, ce roman fait froid dans le dos pour être franche. Imaginez vous survivants sur une île déserte avec des inconnus qui n’espère qu’une chose: survire. Normal en soi. Mais l’homme est capable de tellement d’atrocité que ça en devient flippant.

L’Île des Condamnés m’a évidemment fait penser à Sa Majesté des Mouches de Golding écrit en 1954. L’idée est la même mais l’autre attrait de Dagerman dans ce roman, ce qui m’a rappelé Golding, est cette idée de recréer une société hiérarchisée. Comme si la civilisation ne fonctionnait que sur ce principe de base. La notion de détention du pouvoir qui entraine des malaises et des conflits est parfaitement racontée.

Extrait:

« Il s’ensuivit sur l’île un moment de confuse espérance. Une fois encore, chacun découvrait en tremblant qu’il vivait, le froid mortel de la nuit avait enfin cédé, une douce chaleur pénétrait leurs membres à tous ; soudain quelqu’un crut entendre un oiseau chanter, alors ils se levèrent timidement en silence et se regardèrent désemparés, c’était un peu comme plonger dans une eau inconnue – mais rien encore ne se produisit. […] Le feu brûlait sur le rivage, les branches humides qu’ils arrachaient et jetaient par-dessus la falaise donnaient une fumée tranquille qui montait toujours droite et leur picotait les yeux, elles chauffaient très mal, mais maintenant ils n’avaient plus rien ni à cuire ni à rôtir. Ils entretenaient le feu comme un symbole d’espoir qui montait vers le ciel et que rien ne pouvait arrêter. »

Stig Dagerman ou l’éloge de l’âme humaine dans ce qu’elle a de plus terrible. L’Île des Condamnés est véritablement un roman à lire et même plus encore à étudier.

Un roman captivant qui prend aux tripes.

Traduit du suédois par Jeanne Gauffin / Agone / 288 pages / 9782748901108 / 23 €

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Catégories :L. Suédoise, LECTURES

2 réponses

  1. voilà le genre de bouquins capable de me sortir le nez de mes polars ! J’adore ce genre de trame! inutile de dire que j’avais adoré  » Sa majesté des mouches ». celui ci me semble pas mal du tout d’après ce que tu en dis. Je n’attendrai pas la saint glinglin pour l’acheter!

    • J’espère pour toi que tu n’attendra pas la saint glinglin. L’intrigue ici est excellente et ça pourrait presque être la trame d’un très bon polar ! bonne lecture et tiens moi au courant !

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