Les Misfits

Les Misfits d’Arthur Miller

« C’est une sorte de western de l’Est ».

Voila comment Arthur Miller définit son texte à Clark Gable afin qu’il accepte le rôle. En effet, Les Misfits n’est pas un roman mais plutôt un scénario. Le film issu de ce texte et réalisé par John huston est une pure transcription des lignes poétiques qui défilent sous nos yeux.

C’est l’époque où Arthur Miller est en couple avec Marilyn Monroe. De ce fait, il souhaite lui créer un rôle à la perfection. Il créé donc Les Misfits, où elle incarne Roslyn, jeune femme passionnée mais perdue, au coté de Clark Gable, incarnant quant à lui Gay, cow-boy sur le tard, fougueux et en quête lui aussi de l’amour véritable.

Années 50, Reno, Nevada, capitale de l’industrie matrimoniale et des machines à sous. Divorcée et désenchantée, Roslyn Tabor se lie d’amitié avec un groupe de « désaxés » composé d’un cow-boy vieillissant, d’un mécanicien au coeur brisé et d’un cavalier de rodéo usé par le temps. À travers leur mode de vie, Roslyn éprouve ses premières sensations de liberté, d’euphorie et de passion. Mais lorsque son idéalisme innocent se heurte à une réalité plus brutale, Roslyn doit prendre le risque de perdre leur amitié… et le seul véritable amour qu’elle ait connu. 

Nous rencontrons avec bonheur trois hommes: Guido le mécanicien, Perce le cavalier de rodéo et Gay le cow-boy. Ils seront les trois hommes tombant sous le charme de Roslyn, superbe femme à qui la vie n’a pas encore sourit.

C’est avec beaucoup de tendresse que nous côtoyons ces personnages à fleur de peau. Leur appellation de « désaxés » leur va si bien. Tous recherchent le bonheur mais ils ont bien du mal à ouvrir les yeux sur ce qui leur convient le mieux. Tout en sensibilité et en fragilité, les personnages de Miller se ressemblent terriblement et se communiquent leurs craintes du temps qui passe. Tous ont un idéal qu’ils n’atteindront jamais mais tous continuent d’espérer que leur vie va prendre un nouveau tournant. Seuls Gay et Roslyn, par leur rencontre, vont provoquer le destin. Mais la dureté de la vie et ces nécessités va aussi faire valser plus d’un tempérament.

En lisant Les Misfits, j’ai été surprise par le contraste très net entre la narration aussi paumée et instable que les personnages mais d’autant plus passionnante, et les dialogues introduits de façon abrupte. C’est ainsi que l’on se rappelle qu’il ne s’agit pas d’un roman mais d’un scénario. Miller a juste mis par écrit, précisément, ce qu’il avait dans la tête. Et c’est magique ! On ne s’attend pas à voyager si vite au coeur des personnages. Leur rencontre et les liens qu’ils tissent sont extrêmement poignants. De même pour la description de cette Amérique qui perd ses espoirs, de cette épopée façon western pour capturer des mustangs et qui va mal tourner.

Les Misfits est différent à tout point de vue du roman Focus. Mais, je retrouve indéniablement la patte d’Arthur Miller qui est une véritable découverte.

« Ni roman, ni pièce de théâtre ni découpage cinéma », comme l’auteur en convient dans sa préface ; l’histoire des Misfits a été conçue comme un film.

« Ceci est une histoire conçue comme un film, où chaque mot est là pour indiquer à l’appareil ce qu’il doit voir » précise Arthur Miller dans sa préface.

Ce texte est écrit par amour pour une femme, Miller s’apprête à épouser Monroe. Et ça se sent. Bizarrement, en évoluant dans ma lecture, j’ai cru voir, réellement, Marilyn et non un personnage. De plus tous ces personnages marginaux en quête d’idéal et ancrés dans une Amérique où l’argent dirige déjà tout, sont terriblement vrais. C’est le point fort du texte: les sentiments véritables et sans chichi.

Les Misfits, un texte d’une sensibilité subtile et touchante au coeur des plaines du Nevada.

Un article très bien écrit d’Héloïse Trouvat qui résume à merveille tout ce que je pense.

Le film est à voir maintenant !

Traduit de l’anglais par René Masson / Robert Laffont, Pavillon Poche / Juin 2010 / 214 pages / 9782221115039

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Catégories :L. Américaine, LECTURES

8 réponses

  1. Et moi qui n’ai jamais ouvert un livre d’Arthur Miller ! Encore une lacune 😦

  2. vu le film… il y a fort longtemps !

  3. Film toujours pas vu, et cela manque à ma culture.

  4. J’ai vu le film mais je me demande si j’accrocherai à un roman construit comme un scénario ! Ce ne doit pas toujours être facile à lire !

    • Il ne s’agit pas d’un véritable scénario dans le sens où les phrases sont vraiment bien construites et tous les détails sont bien précisés. Parfois, c’est un peu confus mais ça se laisse lire de façon très aisée. En tout cas, j’ai adoré !

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