Willy Melodia

Willy Melodia d’Alfio Caruso

Vous qui aimez le monde du Milieu,

Vous qui aimez les coups fourrés de la Mafia italienne et américaine,

Vous qui frissonnez devant Scarface ou Le Parrain,

Vous allez adorer Willy Melodia.

L’histoire est simple: un jeune garçon se découvre surdoué, il a l’oreille absolue. Il débarque malgré lui à Nuavaiocche, autrement dit New York pour les siciliens de ces années 20. Le point commun de sa vie d’enfant qui découvre son don et de sa vie de génie du piano, c’est la Mafia. Il traine dedans maladroitement depuis sa plus tendre enfance. Puisque, on le sait tous, la Mafia est partout et contrôle tout. C’est grâce à celle-ci que sa vie va prendre un sacré virage. D’une enfance plutôt pauvre où il est bien difficile de prévoir ce que l’on va manger le soir, il va traverser des mondes bien loin de son imagination. Les bars à filles faciles, les maisons closes, les rencontres bling bling et huppées du monde très privés de la Mafia… voila son nouveau quotidien. Et tout ça à cause d’un malentendu et surtout grâce à la musique. Les grosses têtes lui tendent la main et Willy suit maladroitement pour vivre une vie inespérée.

Le New York mafieux des années 20-30 est sous nos yeux avec Willy Melodia. Ce roman puissant et minutieux retrace la vie fascinante d’un gamin surdoué de la musique. On découvre un monde pourri jusqu’au trognon mais terriblement interessant: le pouvoir, le contrôle, les femmes, la corruption, les règlements de compte et les fusillades, le tout brassé avec les airs de piano d’un p’ti sicilien. Du lourd, je vous dis !

Le destin de Willy, de son vrai nom Guglielmo, suit la parallèle de l’Histoire. Le jeune pianiste est, selon moi, simplement un prétexte à raconter les déboires incessants d’une communauté qui prend ces marques à New York. La ville, elle-même est un personnage: l’écriture d’Alfio Caruso est tellement précise et pointue que l’on a l’impression de s’y croire. On passe aussi bien des quartiers pourris et délabrés d’une Harlem désenchantée qu’aux bars de luxe fréquentés par la crème de la Mafia et le gratin de la société riche.

Mais ce qui est excellent dans ce roman, c’est le rapport de Willy avec tout ce qui lui arrive et avec ces légendes du crime. L’air de rien, il trace son chemin à leurs cotés mais à bien y regarder, ce n’est pas lui qui choisit son destin. De façon totalement passive, il vivote au gré des situations sans prendre part à quoi que ce soit.

Et c’est cette non prise de position, cet état de fuite constant qui ressort du roman. Tout ce qui est en rapport avec la Mafia, New York et ce milieu hors norme est excellent, bien que je ne sois pas fan du tout d’histoires sur la Mafia. Dans Willy Melodia, tout est idéalement décrit et expliqué, l’Histoire avec un grand H est fascinante et le roman s’apparente parfois à une sorte de témoignage palpitant. En revanche, le petit Willy déteint trop sur l’ambiance générale du livre. C’est lisse, souvent trop lisse, au point que parfois on sent une pointe d’ennui. Plus de punch ou moins de précision aurait été parfait.

C’est pourquoi, je trouve Willy Melodia excellent mais je garde malgré tout une réserve. On ne peut se détacher du roman si facilement car il est vraiment de qualité, certes, mais il y a un sentiment sous-jacent qui m’a géné: je n’ai pas été emporté par toute cette histoire comme je l’aurais souhaité. Donc un sentiment mitigé: excellent roman historique, à ne pas lacher mais comme si cela manquait de sel même si c’est très bon. Vous voyez un peu ?

L’enfant ne reste pas longtemps à tourner les pages des chants grégoriens, il file vers Palerme, découvre les maisons closes et d’autres chansons, avant d’embarquer pour New York. Le petit Sicilien s’appelle désormais Willy Melodia, joue du piano pour les mafieux et sa vie ressemble à du cinéma : amour, jazz et années folles. Formidable portrait d’une époque, Willy Melodia est l’épopée d’un rêveur exilé qui voulait tutoyer la gloire et n’a ramassé que des miettes. Telerama, Christine Ferniot

Traduit de l’italien par Fanchita Gonzalez Batle / Liana Levi, Piccolo / Avril 2011 / 524 pages / 978-2867465680

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Catégories :LECTURES, Littérature Italienne

1 réponse

  1. Il me semble avoir écrit à peu près la même chose il y a deux ans environ.

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