Rentrée Littéraire: LES OMBRES DE KITTUR

Les Ombres de Kittur d’Aravind Adiga                                                                 Parution: 25 août 2011

Kittur est une petite ville imaginaire de l’Inde du sud située sur la côte du Karnataka – entre Goa et Calicut – dont l’auteur du Tigre blanc fait le théâtre de ses dernières histoires. Avec ses castes supérieures et inférieures, ses religions multiples, ses immigrés tamouls, ses enfants des rues, ses rikshawallahs, ses fonctionnaires corrompus, Kittur contient l’Inde tout entière. On y croise Ziauddin, un de ces garçons faméliques qui hantent toutes les gares de l’Inde, Ramakrishna Xerox, arrêté pour vente illégale de photocopies des Versets Sataniques, Shankara, qui fait exploser une bombe dans son école jésuite, Abbasi, propriétaire musulman d’un atelier de AVP A 24/152 Août et septembre 2011 confection qui résiste aux pressions des fonctionnaires corrompus, Soumya, petite fille d’un ouvrier en bâtiment que son père envoie à l’autre bout de la ville chercher sa dose d’héroïne, George D’Souza le jardinier catholique de Madame Gomes, qui peine à établir la juste distance entre maîtresse et serviteur, Murali, le brahmane devenu communiste qui a laissé la vie passer … Quatorze destinées attachantes, puissantes, envoûtantes, qui incarnent les mêmes enjeux terribles de castes, de classe et de pouvoir que dans Le tigre blanc. Quatorze personnages émouvants, que l’injustice et la misère obligent à accepter l’inéluctable, et dont on suit les épreuves entre 1984 et 1991, années marquantes de l’assassinat d’Indira Gandhi et de son fils Rajiv.

Nous voila donc plongés dans l’Inde contemporaine avec ces problèmes et ces merveilles.

Je n’avais pas lu Le Tigre Blanc et j’avoue être touchée par la qualité des Ombres de Kittur. Construit comme un recueil de nouvelles, ce roman allie aisément documentations historiques et géographiques de la ville de Kittur. Les moindres recoins sont percés à jour grâce aux personnages mais aussi grâce aux notes de l’auteur sur la ville et ses moeurs.

Les Ombres de Kittur est un roman très littéraire qui se tient du début à la fin sans temps mort. Tous les personnages sont attachants et leurs petits bouts de vies, racontés les uns à la suite des autres, nous donnent l’impression d’un mélimélo incessant de coutume, de mouvement, de vie tout simplement. La façon dont est construit le roman est une belle image pour raconter l’Inde.

Très beau roman donc. Aravind Adiga est extrêmement doué pour raconter des vies marginales. Tout comme Le Tigre Blanc, nous entendrons beaucoup parler des Ombres de Kittur.

Traduit de l’anglais par Annick Le Goyat / Buchet Chastel / Août 2011 / 355 pages / 9782283024324

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Catégories :L. Indienne, LECTURES, Rentrée Littéraire 2011

4 réponses

  1. Je ne lis pas ton billet, j’ai prévu de rédiger le mien pour demain !

  2. Ah j’ai hâte de le découvrir ! J’ai adoré le tigre blanc :).

Rétroliens

  1. « Les ombres de Kittur , Aravind ADIGA | «Sur mes brizées

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