Rentrée Littéraire 2011: LES OREILLES DE BUSTER

Les Oreilles de Buster de Maria Ernestam                                     Parution: 7 septembre 2011

Ce roman ressemble à sa couverture: tendre, souvenirs de petite fille, charnel mais aussi cruel, terrible, secret et triste.

Eva est experte en rosiers, et préfère s’enivrer de leur parfum plutôt que se frotter de trop près aux humains. A 56 ans, elle raconte son enfance, dans les années 1950 et 1960, en manque d’amour face à une mère égocentrique et tyrannique. La haine et la vengeance serviront d’échappatoires à Eva. Mais voilà qu’une fuite d’eau menace l’implantation de ses rosiers : Eva refuse de les déterrer. Et pour cause.

Ce roman cache un secret. Eva nous dévoile dès la première phrase son lourd secret.

J’avais sept ans quand j’ai décidé de tuer ma mère. Et dix-sept ans quand j’ai finalement mis mon projet à exécution.

Et tout le roman va tourner autour de cette relation destructrice entre une mère tyrannique et imbue de sa personne et sa petite fille en quête de reconnaissance et d’amour maternel. Cette relation est intense et en même temps terriblement effacée. Nous sommes face à une mère qui déplore tout de sa fille, jusqu’à sa naissance. Même un évènement qui parait inimaginable devient une simple anecdote.

Eva a cinquante-six ans et reçoit pour son anniversaire un journal intime de la part de sa petite fille. De là, toute sa vie défile au gré des mots et des verres de vin. Contre toute attente, Eva nous livre son enfance quotidiennement, mais parle aussi de son entourage présent et de ses rosiers qu’elle chérit tant.

Sans en dévoiler davantage, je dirais simplement que Les Oreilles de Buster est un roman attachant et émouvant avec de nombreux pics acides. C’est l’histoire d’une petite fille qui construit sa féminité seule, sans modèle valorisant, qui protège ses secrets et ses émois. L’écriture de Maria Ernestam est limpide et douce et met à merveille en avant la cruauté de certains faits tragiques.

Un délicieux mélange de candeur et de perversion. 

Les Oreilles de Buster est un très bon roman qui mérite d’être mis en avant pour cette nouvelle rentrée littéraire.

Merci aux éditions Gaïa.

Traduit du suédois par Esther Sermage / Gaïa / Septembre 2011 / 410 pages /9782847202021

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Catégories :L. Suédoise, LECTURES, Rentrée Littéraire 2011

9 réponses

  1. Ce roman me tente bien mais je vais attendre de voir si la bibliothèque l’achète.

  2. Moi aussi, je suis tentée depuis que j’ai fait un petit tour des sorties nordiques de cette rentrée !

  3. Je ne suis pas sûre que j’y aurais regardé à deux fois malgré sa jolie couverture ! Je crois que j’aurais imaginé une autre histoire en la voyant mais là, ça me plait bien !!!

  4. Première fois que j’en entends parler ! 😉 Merci de le mettre en avant ! D’ailleurs j’aime beaucoup la délicatesse de la couverture, comme souvent chez cette maison d’éditions. 😀

Rétroliens

  1. Les oreilles de Buster, Maria Ernestam « Là où les livres sont chez eux

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