Le Dernier stade de la Soif

Le Dernier Stade de la Soif de Frederick Exley

Pour ceux qui ne connaissent pas Frederick Exley, nombreux critiques le compare volontiers à Nabokov et Bukowski. Je suis tout à fait d’accord avec ça.

Le Dernier Stade de la Soif est un roman très complexe qui se situe entre l’autobiographie et la fiction. Exley précise qu’il souhaite être considéré comme un auteur de fiction. Le sous-titre du texte est très parlant: Mémoires Fictifs.

Exley écrit donc ces mémoires. Mais entre réalité et fiction, on ne sait plus trop comment prendre les choses. Ce qui est certain, c’est qu’Exley raconte son parcours alambiqué d’alcoolique récidiviste, de paumé professionnel et de pseudo prof. D’une jeunesse plutôt pas mal et encore à une dérive interminable alternant bars, filles et hôpital psychiatrique, Exley déballe tout. Et c’est un semblant de crise cardiaque qui va tout déclencher.

Bukowski n’est jamais bien loin d’Exley. Entre les aventures sexuelles dégradantes et foutues d’avance, l’alcool comme une seconde peau, Exley donne l’image d’un pestiféré haut en couleur. Seule sa réelle passion pour les Giants, équipe de football américain, l’élève à un niveau d’acceptabilité potable. C’est avec détails et franchise qu’il nous livre ses sentiments face à ces joueurs fétiches. On aime ou on déteste mais cette lucidité sportive le rend fragile et vivant.

Cette épopée mêlant tout et rien, débordements et transgression, humilité et fragilité, rend l’homme ainsi que ces mots d’une extrème humanité. Ces débauches alcoolisées m’ont fait sourire parfois et grincer des dents souvent. Ces séjours abracadabrants en hôpital psychiatrique m’ont fait penser au film Vol au-dessus d’un nid de coucou de Milos Forman.

Le Dernier stade de la Soif est barré, sombre, crade et poisseux à l’image d’Exley. Mais aussi fou et sans complexe, vrai et terriblement humain, toujours à l’image d’Exley.

Dire que j’ai adoré serait mentir. J’ai, certes, beaucoup apprécié cette lecture hors du commun. J’ai découvert un auteur majeur et mal connu. Le Dernier Stade de la Soif est un livre important qui doit figurer dans toute bonne bibliothèque. Je remercie d’ailleurs Choco qui m’a permis de lire ce texte passionnant. Mais je rejoins son avis: lire d’une traite Exley n’est pas aisé et peu devenir barbant (trop c’est trop). Un livre à découvrir et à aimé.

Vous trouverez sur le site des éditions Monsieur Toussaint Louverture, d’excellentes critiques.

Que puis-je écrire d’autre pour vous donner l’envie de lire Exley ? Vous donner ce qui m’a incité à lire le livre:

Chargé en grande partie de ce qu’il appelle «les fardeaux du chagrin» et de catastrophes ordinaires, ce premier roman est un époustouflant voyage littéraire. C’est drôle. C’est touchant. C’est à la fois Nabokov et Bukowski et Richard Yates et Thomas Bernhard

Frederick Exley est né en 1929 et mort en 1992. Entre ces deux instants , il a eu une vie que peu de gens aimeraient avoir, mais que presque tout le monde aimerait lire.

Traduit de l’américain par Philippe Aronson et Jérôme Schmidt / Monsieur Toussaint Louverture / février 2011 / 448 pages / 9782953366433

Publicités


Catégories :INCLASSABLES, L. Américaine, LECTURES

Tags:

1 réponse

  1. Je vois que tu reprends tout doucement le chemin du blog ! Contente de lire cet avis à retardement 🙂 Pas facile à aborder, non ! Je ne me suis pas « éclatée » non plus à ma lecture mais comme toi, j’ai apprécié sa haute qualité littéraire, si je puis dire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :