120 journées: rentrée 2012

120 journées de Jérôme Noirez

Huit collégiens : quatre filles, quatre garçons âgés de douze à quinze ans. Ils se connaissent, s’ignorent, et se rendent au collège par des routes divergentes. Un soir, ils ne ressortent pas de leur établissement. Ils se réveillent à Silling, un lieu obscur, souterrain, mi-bunker mi-pensionnat où quatre mois durant, ils devront se plier à des rituels étranges, des simulacres scolaires, tantôt subjugués tantôt livrés à leur propre passivité, spectateurs et acteurs de drames sanglants.   À ce récit se superpose celui d’un conteur radiophonique, chargé de s’adresser aux collégiens séquestrés depuis son ordinateur. Il se prête au jeu moyennant finance sans être convaincu d’avoir un auditoire. Le voilà qui narre des histoires d’adolescence drôles, tragiques, horrifiques, des contes de fées peuplés de princes-zombies et de limnées géantes. Calmann-Lévy

Comment parler d’un tel texte sans tomber dans le malsain.

Evidemment, les références sont évidentes: Sade et les Cent vingt journées de Sodome. On s’attend donc à lire quelque chose de terrible et grave. Alors certes, en apparence c’est bien le cas: un kidnapping grand modèle, une séquestration dans un bunker glauque, un simulacre de pension avec des surveillants particulièrement gratinés (femme infanticide, violeur, tueur…) L’entrée en matière est excellente.

Cependant, l’histoire sous-jacente de ce conteur radiophonique prend très vite le pas sur le bunker et ces dérangements. Sa vie, sa fille, ses histoires deviennent l’intrigue principale finalement.

C’est alors que l’on comprend l’essence même de ce roman et que l’on comprend que l’on s’est trompé. Noirez ne nous parle pas arbitrairement de perversité mais plutôt d’apprentissage. Bien qu’il passe par des chemins tordus et alambiqués pour traiter ce thème, le passage à l’âge adulte est pourtant la clé.

120 journées est donc un roman bien particulier qu’il faut prendre le temps de lire jusqu’au bout pour l’interpréter correctement. Etrange et très particulier, il n’en est pas moins bon et intéressant.

Calmann-Levy / Août 2012

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Catégories :LECTURES, Littérature Française

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2 réponses

  1. Un roman qui a l’air… particulier, en effet.

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