L’Evangile selon Satan de Patrick Graham chez Pocket
L’Exorciste vous à plu, les esprits malins vous captivent et les thrillers sanglants vous branchent? Alors vous n’avez plus qu’à vous ruer sur ce thriller hautement flippant, si ce n’est déjà fait!
Difficile de résumer en quelques lignes ce livre si dense et complexe.
Marie Parks, profileuse au FBI et experte en tueurs en série, nous entraine à la poursuite du plus grand monstre de tous les temps. Un tueur que nul ne peut arrêter. Chargée d’enquêter sur la disparition de l’une de ces collègues, le parcours de Marie va tourner en queue de boudin quand elle va se rendre à l’évidence: il ne s’agit pas d’une simple disparition. Des puissances maléfiques rodent autour d’elle. De fil en aiguilles, c’est la disparition de quatre serveuses qui devient suspecte, surtout lorsqu’il s’agit d’espionne du Vatican chargée de suivre un mystérieux assassin de bonnes sœurs. Marie Parks va devoir affronter les pires atrocités pour arriver à ses fins. L’exorciste, le père jésuite Carzo, va lui aussi mener l’enquête et rencontrer de terrifiantes visions et des secrets inavouables. Le but ultime est évidemment de protéger cette fameuse Évangile selon Satan, très convoitée par une sorte de secte diabolique, tueuse et vile.
Ce thriller ésotérique est fascinant par sa densité et son approche plus qu’accrocheuse. Pour les amateurs du genre, succès garantit. Sa complexité fait son originalité même si parfois on se perd un peu dans l’abondance de données et de faits.
Les disciples de Satan aurait écrit un évangile, objet de toutes les convoitises. Cet évangile serait gardé par les “Recluses”, bonnes sœurs mystérieuses cachées par le Vatican, au milieu de nulle part, pour protéger et étudier des textes interdits dont cet évangile. Entre faits historiques et religieux, Graham oscille aussi entre réalité et mysticisme. Il joue la carte du questionnement religieux et des valeurs de l’Église. Entre le vrai et le faux, on se saura jamais, le lecteur est perdu au même titre que les personnages. On court derrière la vérité cachée.
Dès le début, on sent que l’on a affaire à du lourd. On commence très fort avec le début de la tragédie mystique au Moyen-Age en pleine peste noire, les personnages sont parfaitement campés, les horreurs sont crédibles et l’ambiance peste-moyen-age-religieuses-esprit maléfique fait terriblement flippé. Vient ensuite notre héroïne et son métier. On apprend énormément sur les différents tueurs en série. Le lecteur est très vite plongé au cœur de l’intrigue et les évènements se suivent sans nous laisser le temps de souffler. Ça fait peur (ça ne m’a pas fait dormir tranquillement une nuit en tout cas!), ça dérange, on transpire et on s’inquiète mais on tourne les pages toujours plus vite.
Entre les crucifixions détaillées, les visions d’horreurs de Marie, les scènes de crimes morbides, les invocations diaboliques, les esprits, le diable, l’histoire de Jésus et de Satan, les exorcismes, on est en plein dedans comme qui dirait. L’écriture est plutôt pas mal du tout ce qui ne gâche rien, au contraire.
Seul bémol à ce thriller excellent: plus on avance et plus le fantastique à la Stephen King prend le dessus. On voyage au quatre coin du monde et les apparitions deviennent indissolubles du réel. Les évènements sont tellement fous que l’on en vient à se demander quand même.
En clair, L’Évangile selon Satan est un thriller très bien maitrisé, bien écrit et très cru. Pour les âmes sensibles, à éviter. On en apprend autant sur l’histoire du Christ et ses controverses, sur les serials killers et leur fonctionnement mental et meurtrier, que sur les pratiques de l’Église, exorcisme comprit. Graham ne fait en aucun cas un combat entre le Bien et le Mal, au contraire, les apparences peuvent être trompeuses. Ces discussions théologiques sont loin des préoccupations du thriller bien que marquées par moment pour la solidité de l’intrigue.
Donc un thriller à lire sans modération. A la fois terrifiant et fascinant, c’est un classique du genre mêlant enquête, crimes odieux, ésotérismes, sociétés secrètes. J’ai vraiment adoré avoir peur. C’est relativement fluide malgré les retours arrières fréquents. Le point plus que positif est le suspense. Ça ne s’arrête jamais.
Par contre, moi je m’arrête là.
Un petit conseil pour finir: à lire dans la pénombre pour un effet maximal, tout en gardant à portée de main l’interrupteur de votre lampe de chevet (au cas où!)