Tag!

J’ai encore été taguée!!

Donc il s’agit de dire les 7 choses que j’aime et qui rythme mon automne!

1- Mes lectures: du polar à la jeunesse en passant par la littérature, je cherche, je trouve et je lis. J’ai jamais autant lu. J’essaie de dégoter des textes originaux, que l’on ne trouve pas partout. J’adore faire ça et quand je tombe sur un texte génial et peu connu, je suis toute contente! Le dernier en date: Le Chevalier à l’Armure Rouillée.

2- Mes évasions livresques: le long des quais, chez les monstres du livre ou dans les minis librairies, tout est un prétexte pour flâner. J’y peux rien, ça me ressource.

3- Mes soirées entre potes: restos, bêtises, rigolades, projets, tout est bon pour passer une bonne soirée avec des amis. Ça va me manquer dans les semaines qui viennent (trop de boulot, donc gros dodo)!

4- Les films: au cinéma ou à la maison, cette période de l’année ne donne envie de visionner encore et toujours. Plus on s’approche de Noël et plus les dessins animés sont à l’honneur.

5- Mes rates: et oui, je suis gaga de mes trois petites bestioles poilues aux grandes oreilles. Elles me réconfortent et me font hurler de rire.

6- Les préparatifs de Noël: on commence à franchement y penser. Les cadeaux, les décos, les secrets pour de belles surprises, ça s’agite dans ma tête. J’adore cette période avant Noël, tout les sens sont en ébullition pour faire plaisir. Ça fait chaud au cœur!

7- Mes parents, mon frère et mon mec: toute l’année, ils rythment mon quotidien. Et en ce moment plus que d’habitude!

Voila, à qui le tour maintenant?

Thérapie

therapieThérapie de Sebastian Fitzek aux éditios Livre de Poche

Attendez vous à un polar très prenant.

Josy, la fille du psychanalyste Viktor Larentz, souffre d’une maladie inconnue et disparait mystérieusement lors d’un rendez-vous médical. Quatre ans plus tard, Viktor s’est retiré sur une île au nord de l’Allemagne et reçoit la visite inattendue d’une romancière, Anna Spiegel, qui souffre d’une forme rare de schizophrénie. Les personnages qu’elle invente dans ces romans pour enfants, prennent vie. Le souci est que son dernier roman ressemble étrangement à l’histoire de Josy.

Il s’agit ici d’un roman à suspense sans prétention avec un potentiel énorme. L’histoire est originale, on est plongé, dès les premières lignes, dans la psychologie des personnages et dans le drame qui bouleverse à jamais et de façon cruelle la vie de Viktor. Ça démarre fort et tout de suite. On sent dès le départ qu’il se passe un truc pas net mais le narrateur et l’intrigue sont tellement farfelus et emberlificotés qu’il nous est difficile de déduire, avant la fin, le nœud de l’histoire.

La psychologie et la psychiatrie sont le cœur de l’histoire. On voyage dans les hallucinations, les déroutes et les mensonges au fil des pages. Les enquêtes personnelles et les mystères fantomatiques qui nous sont dévoilés sont presque flippants. On est pris dans le flou des évènements sans cesse plus palpitants. L’énorme avantage de ce roman est son suspense. Il va crescendo jusqu’à la fin. C’est génial et l’esprit du héros Viktor est parfaitement disséqué.

Le style se laisse parfaitement lire, c’est fluide et terriblement efficace. Entre flash-backs et hallucinations, le lecteur se laisse entraîner dans une atmosphère angoissante qui grandit avec la divulgation des éléments. À la toute fin seulement, il comprendra qu’il s’est fait piéger par l’auteur, machiavélique et talentueux. Véritable boite dans laquelle l’auteur nous enferme doucement, Thérapie peut nous rendre claustrophobe car on tombe très vite sous son emprise. L’ambiance sombre et stressante, voire cauchemardesque nous fait, nous lecteur, nous poser des questions sur l’environnement de Viktor. On est aussi perdu que lui.

Dans l’esprit psycho et par sa densité, on peut rapprocher ce texte de L’Analyste de Katzenbach.

Sans plus de blabla, Fitzek est un auteur à suivre. Il met le paquet dès le début avec ce premier roman, va-t-il tenir la route? J’espère que le second le vaudra. Il s’agit de Ne Les Crois Pas, sortie de 12/11/09.

Dimanche Jeunesse!

EcoEco, volume 1, La Malédiction des Shacklebott de Bianco et Almanza chez Soleil

En voila un bien étrange album!!

Couverture extraordinaire à la Tim Burton, petit format: tout pour plaire. On tourne curieusement les premières pages et là c’est le pouvoir de cet album qui nous prend à la gorge. Résultat: on l’achète sans sourciller et on le savoure au creux du lit!

C’est ce que j’ai fait. Et j’avoue avoir été ravie de cette histoire étrange, magique et pure autant que par le dessin mystérieux, onirique et farfelu.

Histoire: Eco, petite fille à l’imagination débordante, est l’unique enfant de riches couturiers, les Shackebott. L’ennui est qu’Eco se sent terriblement seule parce que ces parents ne pensent qu’au travail. Un soir, son père lui confie une mission extrêmement délicate: livrer une commande spéciale à un client très important. Chemin faisant, la petite Eco va provoquer la ruine de ces parents. Prise de démence, sa mère la maudit par trois fois et le destin d’Eco va être transformer à jamais.

Hommage au fameux Frères Grimm et aux contes d’Andersen, cette histoire toute simple et terrible fait écho (justement) dans chacun de nous. La fin de ce premier volet nous laisse sans voix. On ne s’y attend pas, c’est très surprenant. Mais surtout ça laisse un goût terrible de non achevé. Captivée par cette histoire, je suis déçue que ce soit si court et devoir attendre le prochain album est pénible. Mais il faut ce qu’il faut!

Illustration: Du grand, du beau. Jérémie Almanza est incroyable. Son dessin est magnifique, il nous transporte dans un univers onirique, foisonnant, avec des bestioles adorables et bizarres, des personnages très stylisés et une ambiance gothique et féerique qui en ravira plus d’un. L’association à l’univers de Tim Burton est inévitable. Almanza nous avait déjà fait chavirer les mirettes avec cet album:

aristideAristide broie du noir de Severine Gauthier chez Delcourt.

Donc si vous voulez vous évader loin, très loin, je vous conseille ni une ni deux de vous plonger dans cet ambiance féerique, mélancolique, douce et envoutante! Ancrée dans un monde imaginaire et pourtant si réel, cette histoire humanise les phobies des petits et des grands. L’ambiance sombre et magique nous transporte sans compromis dans une atmosphère hors du temps.

Aux fans de l’esprit Burtonnien, cet album est pour vous!

 

 

L’Evangile selon Satan

evangileL’Evangile selon Satan de Patrick Graham chez Pocket

L’Exorciste vous à plu, les esprits malins vous captivent et les thrillers sanglants vous branchent? Alors vous n’avez plus qu’à vous ruer sur ce thriller hautement flippant, si ce n’est déjà fait!

Difficile de résumer en quelques lignes ce livre si dense et complexe.

Marie Parks, profileuse au FBI et experte en tueurs en série, nous entraine à la poursuite du plus grand monstre de tous les temps. Un tueur que nul ne peut arrêter. Chargée d’enquêter sur la disparition de l’une de ces collègues, le parcours de Marie va tourner en queue de boudin quand elle va se rendre à l’évidence: il ne s’agit pas d’une simple disparition. Des puissances maléfiques rodent autour d’elle. De fil en aiguilles, c’est la disparition de quatre serveuses qui devient suspecte, surtout lorsqu’il s’agit d’espionne du Vatican chargée de suivre un mystérieux assassin de bonnes sœurs. Marie Parks va devoir affronter les pires atrocités pour arriver à ses fins. L’exorciste, le père jésuite Carzo, va lui aussi mener l’enquête et rencontrer de terrifiantes visions et des secrets inavouables. Le but ultime est évidemment de protéger cette fameuse Évangile selon Satan, très convoitée par une sorte de secte diabolique, tueuse et vile.

Ce thriller ésotérique est fascinant par sa densité et son approche plus qu’accrocheuse. Pour les amateurs du genre, succès garantit. Sa complexité fait son originalité même si parfois on se perd un peu dans l’abondance de données et de faits.

Les disciples de Satan aurait écrit un évangile, objet de toutes les convoitises. Cet évangile serait gardé par les “Recluses”, bonnes sœurs mystérieuses cachées par le Vatican, au milieu de nulle part, pour protéger et étudier des textes interdits dont cet évangile. Entre faits historiques et religieux, Graham oscille aussi entre réalité et mysticisme. Il joue la carte du questionnement religieux et des valeurs de l’Église. Entre le vrai et le faux, on se saura jamais, le lecteur est perdu au même titre que les personnages. On court derrière la vérité cachée.

Dès le début, on sent que l’on a affaire à du lourd. On commence très fort avec le début de la tragédie mystique au Moyen-Age en pleine peste noire, les personnages sont parfaitement campés, les horreurs sont crédibles et l’ambiance peste-moyen-age-religieuses-esprit maléfique fait terriblement flippé. Vient ensuite notre héroïne et son métier. On apprend énormément sur les différents tueurs en série. Le lecteur est très vite plongé au cœur de l’intrigue et les évènements se suivent sans nous laisser le temps de souffler. Ça fait peur (ça ne m’a pas fait dormir tranquillement une nuit en tout cas!), ça dérange, on transpire et on s’inquiète mais on tourne les pages toujours plus vite.

Entre les crucifixions détaillées, les visions d’horreurs de Marie, les scènes de crimes morbides, les invocations diaboliques, les esprits, le diable, l’histoire de Jésus et de Satan, les exorcismes, on est en plein dedans comme qui dirait. L’écriture est plutôt pas mal du tout ce qui ne gâche rien, au contraire.

Seul bémol à ce thriller excellent: plus on avance et plus le fantastique à la Stephen King prend le dessus. On voyage au quatre coin du monde et les apparitions deviennent indissolubles du réel. Les évènements sont tellement fous que l’on en vient à se demander quand même.

En clair, L’Évangile selon Satan est un thriller très bien maitrisé, bien écrit et très cru. Pour les âmes sensibles, à éviter. On en apprend autant sur l’histoire du Christ et ses controverses, sur les serials killers et leur fonctionnement mental et meurtrier, que sur les pratiques de l’Église, exorcisme comprit. Graham ne fait en aucun cas un combat entre le Bien et le Mal, au contraire, les apparences peuvent être trompeuses. Ces discussions théologiques sont loin des préoccupations du thriller bien que marquées par moment pour la solidité de l’intrigue.

Donc un thriller à lire sans modération. A la fois terrifiant et fascinant, c’est un classique du genre mêlant enquête, crimes odieux, ésotérismes, sociétés secrètes. J’ai vraiment adoré avoir peur. C’est relativement fluide malgré les retours arrières fréquents. Le point plus que positif est le suspense. Ça ne s’arrête jamais.

Par contre, moi je m’arrête là.

Un petit conseil pour finir: à lire dans la pénombre pour un effet maximal, tout en gardant à portée de main l’interrupteur de votre lampe de chevet (au cas où!)  :)

L’Impénitente

impenitenteL’Impénitente d’ Anne Brenon aux éditions La Louve

Grande aparté dans mes lectures de d’habitude. Ici je vous présente un roman historique, un roman vrai où est relatée une histoire vraie. Ce roman foisonnant raconte la fin des Cathares au début du XIVème siècle. Mais les évènements historiques sont tous orientés vers un personnage hors du commun pour l’époque: une jeune femme pleine de courage et d’amour, Guillelme. Elle n’hésite pas à s’engager au nom de ces choix amoureux et religieux. Nous suivons donc sa vie avec délectation sans nous rendre compte que les pages défilent.

Contrairement à certains livres historiques où l’on patauge un peu dans la semoule car souvent trop lourds et compacts, Anne Brenon nous balade au fil de son écriture fluide et légère. D’une tournure simple et sans fioriture, son texte parle du combat d’une femme pour assouvir ses désirs et ses aspirations. Sa lutte quotidienne dans une époque confuse et compliquée nous touche tout de suite. La vie de cette femme et des derniers cathares est bien décrite et l’on se rend compte de l’oppression de l’Inquisition. Très intelligent, ce roman se lit d’une traite et on apprend des quantités de choses, ce qui ne gâche rien.

Anne Brenon est une spécialiste des Cathares ce qui explique la qualité des faits relatés et la cohérence de l’histoire. Pour une novice du sujet comme moi, j’ai plutôt apprécié ne pas me sentir trop nouille en lisant ce texte. Pour les amateurs de roman historique, de religion et de quête identitaire, d’histoires de femmes et de courage, ce livre vous emballera à coup sûr. C’est vraiment d’une grande qualité et il mérite sincèrement d’être découvert.

Je vous cite la quatrième de couverture en entier parce que, pour une fois, je la trouve particulièrement réussi. On cerne parfaitement le sujet et on sent la qualité du texte qui nous attend:

Ce serait un roman dont tous les héros auraient existé, un roman dont tous les événements ou presque seraient attestés, un roman qui rendrait à ses personnages les paroles qu’ils ont effectivement dites, aux bons hommes cathares les prédications qu’ils ont réellement prononcées et les gestes précis de leur rituel chrétien, aux inquisiteurs la lettre de leurs interrogatoires et de leurs sentences et l’acharnement impitoyable de leurs condamnations.
Par son écriture lumineuse et riche, où l’émotion surgit à chaque phrase, Anne Brenon nous emmène à l’aube du XIVe siècle sur les traces de Guillelme Maury, de Montaillou, pour nous faire partager une très belle histoire d’amour et de foi, une histoire qui est extraordinaire parce qu’elle est vraie.
Très jeune, Guillelme Maury accomplit ce qui, à cette époque, était presque impensable pour une femme : au nom de ses choix amoureux et religieux, elle quitte un mari brutal et s’engage tout entière, à contre-courant, sur le chemin de sa liberté, jusqu’à y consumer sa vie. Dans ce triste hiver du catharisme, on accompagne avec angoisse, et en même temps avec une infinie tendresse, le parcours exemplaire et juste d’une jeune femme si éloignée de nous en apparence… et pourtant si proche.

D’ailleurs pour les curieux, je propose ce roman comme livre voyageur. Il peut se balader jusqu’en juillet 2010: donc envoyez moi vos coordonnées et ce roman vous rendra visite!

Un petit clin d’œil de remerciement à Jean-Louis Marteil pour cet envoi très appréciable! ;)

Le chevalier à l’armure rouillée

chevalierLe Chevalier à l’Armure rouillée de Robert Fisher chez Ambre

Livre à lire, relire et garder bien au chaud parmi les perles littéraires!

Cet ode à la vie nous parle à tous et nous humanise cruellement. Je crois vraiment que tout le monde devrait lire ce livre sans retenue.

Il s’agit tout simplement de l’histoire d’un chevalier qui finit par être coincé dans son armure. Il l’aime tellement, il se tient à un tel point près au moindre assaut, qu’il vit complètement reclus et enfermé dans son armure. Jusqu’au jour où le pire va lui arriver: coincé de la tête au pied dans son armure. La rage et la tristesse de sa femme et de son fils lui font ouvrir légèrement les yeux sur son handicap. C’est alors qu’il décide de partir sur les chemins pour trouver de l’aide et s’extirper de cette maudite armure. C’est là que ça vie va changer à jamais. Il va rencontrer un personnage que tout le monde connait, (un très grand personnage avec une longue barbe blanche et un air éberlué! vous voyez??), qui va l’aider à ouvrir les yeux sur sa vie et surtout sur lui même. En parcourant un chemin semé de trois châteaux extraordinaires, il va se découvrir et apprendre. Apprendre sur le monde, sur la vie en générale et sur ses véritables sentiments. Tout va changer pour lui au bout de ce chemin de la Vérité.

En lisant ce livre très original, agrémenté de dessins subtils et discrets, j’ai vraiment eu l’impression de vivre une véritable quête identitaire au coté de ce chevalier attachant. Sous les apparences d’un Don Quichotte désespéré, ce cher chevalier qui s’estime bon, gentil et plein d’amour, nous fait vite penser à un Petit Prince remplit de questions existentielles.

Ce conte est universel car il touche tout le monde. Il parle à notre âme intérieure de façon légère et simple. Cette nouvelle quête du Graal est passionnante à lire et à réfléchir. Des questions se posent et des réponses nous tombent dans les mains l’air de rien.

Vivre pour soi et pour les autres, se connaitre et continuer de se découvrir tel que nous sommes tout au long de notre vie, chercher le bonheur le plus simple et prendre la vie comme elle vient, voilà les quelques idées qui sont développées dans ce conte d’une grande qualité.

Un livre extra, très fin, subtil et profond avec une écriture très simple et pourtant parfaite. Offrez le, dévorez le, gardez le précieusement: c’est une petite pépite!

Le Garçon qui voulait devenir un être humain

Garcon-qui-voulait_Reedition_1-volume_BDLe Garçon qui voulait devenir un Être Humain de Jorn Riel aux éditions Gaïa

Voici venu la réédition en un seul volume d’une magnifique histoire: celle de Leiv, jeune viking qui débarque par erreur au Groenland. Leiv, dont le père a été assassiné par Thorstein, viking ombrageux et bourru, s’embarque pour le venger sur le drakkar de son adversaire. Mais au lieu de luttes acharnées et de vengeance comme Leiv le souhaitait, ils voyagent cote-à-cote, laissant ainsi le temps au jeune garçon de devenir un homme. S’était s’en compter sur les dangers de la nature. Le naufrage de Leiv sur une île du Groenland va bouleverser sa vie. Sa vision des choses et des gens va être transformée. Grâce à sa rencontre avec les Inuits, peuple du froid qui se considère comme de vrais Êtres Humains, et notamment Narua et Apuluk, Leiv va apprendre à vivre tout simplement. Les rudiments de leur culture n’auront plus de secrets pour lui et son adoption sera vite faite. Ces trois amis vont vivre au rythme des saisons et vivre des aventures intenses, humaines, cruelles et remplies de vie.

Le Garçon qui voulait devenir un Être Humain est plus un conte, une fable de la vie. Mêlant aventure, amour, courage, dépassement de soi et amitié, le lecteur découvre à son tour la vie dans le grand froid, les coutumes et les non-dits de ce peuple Inuit. Mais bien plus encore, nous grandissons avec Leiv. Il doit choisir entre sa vie d’avant et son nouveau foyer fait de valeurs saines et simples. Jorn Riel rend compte d’un léger métissage, où comment changer de vie du jour au lendemain et grandir en reniant ses racines. Les us et coutumes de ce peuple sont présentées simplement et sans mièvreries. On apprécie l’écriture toujours simple et avec un certain recul sur les évènements et les émotions des personnages pour laisser place à l’observation. Le lecteur s’imprègne donc à volonté des péripéties. C’est ce coté sobre et sans chichis que j’ai aimé avec ce roman. L’histoire va dans le même sens.: simple et dense à la fois.

Une très belle découverte, une très belle lecture, toute en finesse et en pureté. Entre l’Ile au Trésor par moment, Robinson Crusoë à d’autres, ce roman en trois partie nous fait vivre pleinement les aventures humaines de nos héros. Pour ceux qui ne connaissait pas ce grand roman, à lire pour les jeunes et moins jeunes, cette réédition est un vrai cadeau!!

Le Lac des Singes

malteLe Lac des Singes de Marcus Malte chez folio policier

Marcus Malte, encore et toujours du talent, un très très gros talent!!

Ici il s’agit de son second roman, dans lequel on retrouve Mister, blues man black et très sexy. Enfin, c’est l’idée que l’on s’en fait. Manque de pot, n’ayant pas lu Le Doigt d’Horace, j’ai parfois été gênée mais passons.

Je ne sais pas pourquoi mais j’ai toujours un mal fou à résumer les romans de Marcus Malte. Leur ambiance est tellement sombre, glauque, labyrinthique que bizarrement, ça m’est très compliqué à condenser.

Brièvement, Mister, pianiste black hors pair, se rend à Evian pour jouer dans un casino. Seulement, il n’aurait pas cru que la roulette russe sévissait au sein du casino. Mais que fait la police? Et bien, elle est bien embêtée et déstabilisée tout autant que Mister.

En toute objectivité, Le Lac des singes est moins envoutant que Garden of Love ou Carnage et constellation. Mais tout de même, dès ses débuts Malte impose son style si particulier et nous embarque sans difficultés dans un univers sombre et dérangeant. Son écriture est froide, sèche, directe et sans chichis. On aime ou on aime pas, avec Malte c’est souvent noir ou blanc. Pour moi ça marche à tous les coups!

Dimanche Jeunesse!

Dimanche farniente aujourd’hui. Et pour m’accompagner, j’ai dégoté deux petits romans jeunesse très chouettes: Manolito et Cornebique!

Suivez moi!

manolitoManolito de Elvira Lindo

Voici Manolito: petit, binoclard, sympa, vivant à Carabanchel, Espagne.

Ce petit gars ressemble à s’y méprendre à notre cher petit Nicolas. Même vie (école, copains, maitresse), même bêtises. Sauf que Manolito porte des lunettes plus grosses que sa tête et qu’il vit dans un quartier pas top de la belle Espagne. Manolito a des copains géniaux surtout Grandes Oreilles mais il voit une psychologue qui les prend, lui et ses copains, pour des délinquants. Je ne vous raconte pas les scènes de crise. En clair, Manolito est trop fort, drôle, chou et tendre. Il adore son Grand-père, avec lequel il dort dans un clic-clac sur la véranda en écoutant la radio. Il est fier de son surnom, Manolito Binoclard. Mais surtout, ce p’tit gars tout simple prend la vie comme elle vient, avec ses joies et ses peines. Pour résumé: il est plutôt cool Manolito. On s’attache à lui sans s’en rendre compte. Et comme avec le Petit Nicolas, on partage ses délires de gamins. On découvre en même temps une Espagne contemporaine très dépaysante.

Agrémenté d’illustrations d’Emilio Urberuaga, à l’image du roman c’est-à-dire cocasse et simple, cette série de 6 tomes propose une virée amusante dans l’Espagne d’aujourd’hui!

Furieusement décontractant!

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cornebiqueLa Ballade de Cornebique de Jean-claude Mourlevat

Mais qui est Cornebique? Sans aucun doute un bouc! La preuve en est, la première phrase du roman: “Bon, ça commence au pays des Boucs”. Cependant, Cornebique n’est pas n’importe quel bouc. Amoureux éperdu et fou de musique, notre ami est un as du banjo. Partout où il va, il fait chanter son banjo avec brio! Il décide, un jour, de partir et parcourir le monde, avec pour seul compagnie son banjo. Mais voila que tout à coup, un bébé loir, Pié, lui tombe presque sur la tête. Mai qu’est ce que c’est que ce bazar?? Le voila doté d’un petit compagnon, dormeur à souhait, et qui plus est, pourchassé par une armée de fouines! Quelle misère!

Voila donc notre Cornebique qui subit son destin. Celui de vivre une grande amitié en même temps qu’une grande aventure! Car de multiples péripéties vont s’offrir à lui sans parler des rencontres quelque peu loufoques qu’il fera!

Très proche des Fables de la Fontaine, ce roman animalier est très bien construit et intelligent. Il fait, subtilement, passer des messages sur l’amitié, le courage et la persévérance. Doté d’un grand talent d’écrivain, Mourlevat réussit à me transporter, grand enfant que je suis, dans un univers poétique et tendre.

Si vous aimez les boucs, le banjo et les charlatans, les concours d’insultes et les petits loirs qui baillent tout le temps, alors laissez-vous emporter dans la folle cavale de l’ami Cornebique.

Le Docteur Héraclius Gloss

docteurLe Docteur Héraclius Gloss de Maupasant chez Allia

Un petit plaisir pour le plaisir!

C’est l’histoire d’un joyeux docteur, Mr Héraclius Gloss, qui ne vit que pour la vérité absolue. Tout son quotidien, du matin jusqu’au soir, est uniquement consacré à cette quête surdimensionnée. C’est rue des vieux Pigeons, lieu emblématique de ses promenades quotidiennes et surtout lieu de découvertes intenses, qu’il va tomber sur un manuscrit mystérieux retraçant la vie d’un auteur pour le moins étrange. Celui-ci vivrait depuis l’an 104, connaitrait de nombreuses vies toutes différentes, mais surtout il affirmerait l’existence de la réincarnation en fonction des péchés commis lors de nos vies précédentes. Il se prénommerait Pythagore! Ni une ni deux, notre cher Héraclius Gloss se prend au jeu et tente de se confondre avec cette nouvelle philosophie. Parce que Héraclius est un fondu de philo et il en connait un bout sur toutes les philosophies existantes. Malgré, les moqueries et les doutes de ces deux compagnons de route, il va s’enfermer dans ces nouvelles théories. Et qui est ce singe qu’il considère amoureusement? Mais la folie ne guetterait-elle pas notre cher ami?

Plein de finesse, ce conte peu connu de Maupasant est un véritable plaisir de lecture. Héraclius Gloss est un personnage atypique, attendrissant et drôle. Son quotidien est relaté de façon burlesque et l’on se prend au jeu de découvrir les élucubrations incessantes de ce docteur légèrement toqué. Comme dans d’autre de ces œuvres, notamment le Horla, Maupassant traite à merveille des thèmes qui lui sont chers: le double et la folie. Ici, le comique de situation est incontestablement le point fort. On a envie de rencontrer ce docteur pour sourire de ses attitudes. Son entourage, Honorine, M.Le Doyen et M. Le Recteur, accentuent cet effet de moquerie douce. Mais plus l’histoire défile sous nos yeux et plus la déchéance psychologique ronge l’esprit du docteur. Doux philosophe et ami des bêtes à l’extrême, sa nouvelle philosophie n’est que superficielle et la schizophrénie le dépasse.

C’est un léger roman plein de finesse qui se lit sans compter, ni penser. Je n’avais pas lu de Maupassant depuis bien longtemps et Le Docteur Héraclius Gloss m’a fait l’effet d’un grand verre d’eau fraiche en pleine canicule!

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